Qu'est-ce que la QVT ?

Selon l'Accord National Interprofessionnel de juin 2013, la perception de la QVT est déterminée par trois grands critères :

  • les conditions d'emploi et de travail (salaire, nature du contrat de travail, espace de travail, temps de transport) ;
  • le contenu du travail (rythme, sentiment d'utilité, utilisation des compétences, progrès) ;
  • et la capacité d'expression et d'action (travail en équipe, soutien managérial, dialogue sur le travail et sa qualité).

« La théorie de la symétrie de l’attention »

Concrètement, des salariés bien traités traitement mieux leurs clients et leurs partenaires ! Cette théorie, qui trouve son origine au sein du groupe Accor au début des années 2000, pose le principe suivant : la qualité de la relation entre une entreprise et ses clients est symétrique de la qualité de la relation de cette entreprise avec l’ensemble de ses collaborateurs.

Améliorer « l’expérience collaborateur » permet donc d’améliorer « l’expérience client ». Il existe même des baromètres classant les entreprises, en fonction de la bienveillance qu’elles accordent à leurs collaborateurs ! Exemples : le site Glassdoor, où les employés d'une entreprise évaluent leur environnement de travail de manière anonyme, ou encore Great place to work, qui associe des enquêtes de satisfaction des salariés et un audit des pratiques managériales.

ADIXIO et la QVT

« ADIXIO intervient régulièrement dans le cadre d’événements comme la semaine de la QVT organisée du 14 au 18 juin dernier », explique Vitaline Pigeon, responsable des coordinateurs de l’association. Des événements qui se composent de différents ateliers autour de la QVT, comme la prévention des troubles musculo squelettiques (TMS) ou des accidents du travail (conduite de véhicules…), etc. L’occasion d’aborder également la question des risques psycho-sociaux et des conduites addictives.

Coordinatrice Pays de Loire et Bretagne, Aurélie Verny intervient dans la Sarthe avec son binôme Yannick Coirier dans des centres courrier de La Poste comme ceux de La Suze, le Lude, Loué, etc. « Le temps d’échange se fait en petit groupe (6 personnes), ce qui permet de libérer la parole plus facilement autour du tabac, des médicaments, de l’alcool… et des difficultés rencontrées dans une période un très anxyogène », explique -t-elle. « Avec les confinements successifs, le télétravail qui a été mis en place pour les cadres ou bien l’angoisse ressentie par les personnes qui ont continué de travailler au contact du public, comme les facteurs ou les chargés de clientèle, on sait que les consommations ont eu tendance à augmenter. L’important, c’est de pouvoir en parler et d’identifier les situations à risques le plus précocement », poursuit-elle. En parallèle, elle peut également sensibiliser les encadrants.

Pandémie et QVT : la nécessité de prendre soin des collaborateur.rice.s

Depuis mi-juin, les salariés reprennent petit à petit le chemin des bureaux. La promesse du retour des « jours heureux » ? Pas si sûr : la crise sanitaire a amplifié le mal-être au travail.

Soignant.e.s, livreur.se.s, éboueur.se.s, vendeur.se.s, caissier.e.s de supermarché… Les salarié.e.s qui étaient en première ligne pendant les confinements, ont été confronté.e.s à un contexte particulièrement anxiogène, ce qui a bien entendu pu avoir des conséquences. Mais pas seulement : toutes les études montrent une dégradation de la santé mentale des salarié.e.s de façon globale. D’après le dernier baromètre établi par le cabinet Empreinte humaine, spécialisé dans la Qualité de Vie au Travail, 45% des salarié.e.s étaient, avant l’été, en détresse psychologique, notamment les jeunes, les femmes et les managers.

Conséquence d'un télétravail, qui a été généralisé dans des conditions pas toujours optimales : équipements défaillants, appartements exigus, famille nombreuse… sans compter un contrôle parfois pesant et la tendance des salarié.e.s à travailler davantage - malgré la loi de déconnexion de 2017. Arnaud, 45 ans, chef de projet pour un sous-traitant automobile en région parisienne, ne compte plus ses jeunes collègues arrêtés pour stress, dépression, burn-out : « Vivement le retour au bureau », espère-t-il.

Revenir, oui ! Mais comment ? Concrètement, il ne s’agit donc pas seulement d’apporter de la convivialité dans les locaux. Améliorer la QVT nécessite de se pencher sur les conditions et l’organisation du travail.

Une tâche que les entreprises confient spontanément au service des Ressources humaines – avec la nomination d’un.e « responsable QVT », pour négocier avec les cadres et les représentant.e.s du personnel présent.e.s au CSE (Comité social et économique).

Objectif ? Identifier les problèmes existants dans les différents services (absentéisme, turn-over…) puis recommander des actions correctives, avec des actions de formation, de soutien ou des interventions d’experts, etc. Or, pour réussir les négociations, « il faut impliquer toutes les parties prenantes dans le dialogue social » avertit l’Agence nationale des conditions de travail (Anact), un organisme qui relève du ministère du Travail.

Un dialogue social qui apparait comme un véritable levier de gestion de crise : RH, managers, salarié.e.s… les acteur.rice.s de l’entreprise sont invité.e.s à se mettre autour d’une table et travailler ensemble « dans une démarche de co-construction ».

Associer les salarié.e.s aux décisions peut contribuer à renforcer leur sentiment d’appartenance à l’entreprise à un moment idéal : « après des mois à avoir travaillé seuls chez eux, beaucoup de salarié.e.s ont besoin de retrouver du sens à leur travail » confirme la sociologue du travail Danièle LINHART.

Ecoute, considération, autonomie… les demandes sont importantes. Alors que la pandémie a rappelé l’importance de prendre soin de l’autre, est-ce que les employeur.se.s partiront dans cette direction ?

« S’il est encore trop tôt pour se prononcer », observe Jérôme BALLARIN, le président de l’Observatoire de la qualité de vie au travail, « les relations managériales ont déjà évolué dans le bon sens : avec le télétravail, la relation entre les managers et leurs équipes est passé d’un management de contrôle à un management de confiance, basé sur la confiance et la responsabilisation ».

Plus prosaïquement, la QVT, et notamment la prévention des risques, s’avère stratégique pour la performance de l’entreprise : pour rebondir économiquement, mieux vaut des équipes motivées, heureuses, en bonne santé et donc efficaces. Le bien-être va de pair avec la productivité.

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