Pornichet, rentrée scolaire 2021 : après avoir déposé leurs enfants à l’école, les parents qui voudraient s’allumer une cigarette sont priés de s’éloigner un peu. Aux clubs de voile et de plage qui ont ouvert la voie se sont ajoutés cette année douze nouveaux "espaces sans tabac" : écoles, crèches, aires de jeux… Des zones, où l’on est invité.e à ne pas fumer se multiplient grâce à la Ligue nationale contre le cancer. Le rythme s’est ralenti avec la pandémie, mais de nouveaux espaces ont pu être inaugurés et en avril dernier, l’association recensait 3 730 espaces labellisés sans tabac dans 48 départements.

Objectif : dénormaliser la cigarette

« Il s’agit de changer ce qui, jusque-là, était considéré comme "acceptable". Ce qui contribue à réduire l’entrée dans le tabagisme. Le Centre international de recherche sur le cancer l’a démontré : moins le tabac est présent au quotidien, moins il y a de risques que les enfants deviennent fumeurs à l’âge adulte », explique Yana DIMITROVA-LAINE, chargée de mission Prévention à la Ligue. Cela correspond à l’objectif du Programme national de lutte contre le tabac : atteindre en 2030 une première génération sans tabac, avec moins de 5% de fumeur.se.s. Pour rappel, près d’un quart des Français.e.s fument quotidiennement, un chiffre qui s’accroit depuis le début de la pandémie.

L’initiative, déjà ancienne dans les pays anglo-saxons - les villes de New York et de Los Angeles ayant été les premières à interdire de fumer en plein air, est plus récente en France et la première plage sans tabac, celle du Centenaire à Nice, a été labellisée en 2012. Depuis, il y a La Rochelle, Strasbourg, Nantes… Des collectivités de tous bords politiques lui ont emboité le pas. C’est l’occasion pour ces villes de montrer qu’elles se soucient de la santé de leurs électeur.rice.s. « Mais il ne s’agit pas seulement de planter un panneau : en contrepartie, la ville s’engage à participer aux actions de lutte contre le cancer (Mois sans Tabac, octobre rose…) et à encourager la sensibilisation des écoliers », poursuit Yana DIMITROVA- LAINÉ.

Le chiffre clé

3 730 espaces labellisés sans tabac recensés en avril 2021

Moins de 5% de fumeur.se.s en 2030 vs 25% aujourd'hui

Cigarettes : "persona non grata" ?

S’ils introduisent une interdiction qui s’ajoute à celle de ne pas fumer dans les lieux publics fermés (2008), les espaces sans tabac sont bien acceptés : le tabac est perçu comme cancérigène - 75 000 décès lui sont imputables chaque année, et, comme polluant –30 milliards de mégots sont jetés dans la rue. D’autant que les villes misent moins sur la verbalisation des contrevenant.e.s, que sur la médiation. « Le public a bien accueilli la mise en place de ces espaces, les parents d’élèves et les directeurs d’école étant même en attente de tels espaces » confirmait sur Radio-France, courant juin, Amandine FRANÇOIS-GOGUILLON, élue à l’éducation de Caen, qui a labellisé plus de 300 lieux sans tabac.

Est-ce que l’expérience est concluante ? « Ce que nous voudrions, c’est généraliser à toutes les communes ces espaces sans tabac aux abords des lieux ouverts aux enfants : écoles, aires de jeux, piscines… » confie Yana DIMITROVA-LAINÉ. Mais, cette fois ci, « non, par des arrêtés municipaux mais par une règlementation nationale ».

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