La confusion règne autour de l'opération "Janvier sans alcool" qui devait être lancée la semaine dernière par Santé publique France. En juin dernier, dans le N°181 de Contraddiction, nous faisions le point sur cette opération ...

En 2013 était lancée au Royaume-Uni l’opération Dry January. Depuis, de plus en plus de buveurs, notamment en France, limitent leur consommation d’alcool, voire la stoppent totalement, pendant un mois entier. Et profitent de divers bienfaits.

Mettre son corps au repos après les fastes des fêtes de fin d’année, mais surtout, modifier ses habitudes de consommation. Depuis 2013, l’association britannique Alcohol Change UK organise le Dry January, elle invite ceux qui veulent à ne pas boire une goutte pendant tout le mois de janvier - 4 millions d’Anglais ont participé à la dernière édition.

« En restant sobre pendant 31 jours, on se rend compte que nous n’avons pas besoin de l’alcool pour s’amuser, pour échanger, pour se détendre », avance l’organisme sur son site.

Un effet que confirme Erika, éducatrice spécialisée dans la Drôme. «Récemment, j’ai arrêté de boire pendant trois semaines. Et cela m’a fait du bien, surtout sur un plan psychologique. Cela m’a donné la preuve que j’en étais capable. Je vais essayer de recommencer bientôt », reconnaît la trentenaire.

« L’un des intérêts de ce challenge, dont la visée est avant tout préventive, est bien d’initier un changement pour celui ou celle qui le suit, et qui va avoir le sentiment d’être moins passif par rapport à l’alcool », rebondit le Dr Amandine Luquiens, addictologue à l’hôpital Paul-Brousse (Villejuif).

« Ne pas boire devient cool »

Une étude, menée par l’université du Sussex (Angleterre) et réalisée sur 800 « abstinents de janvier » en 2018, semble confirmer ces effets bénéfiques.

« Le simple fait de s’abstenir de toute consommation d’alcool durant un mois aide les participants sur le long terme ; en août (soit six mois après l’opération, NDLR), on nous avait rapporté un jour d’abstinence supplémentaire par semaine », a expliqué aux médias le docteur Richard de Visser, auteur principal de l’étude.

Selon le Dr Amandine Luquiens, « se lancer dans un tel défi permet de développer certaines compétences. Par exemple, la capacité à refuser un verre, à réaliser des activités sans lien avec l’alcool. Mais c’est aussi une façon de faire évoluer les représentations : ne pas boire devient cool ! »

Une sensation que confirme Julian, Parisien de 34 ans qui a récemment arrêté de boire pendant trois mois, après de petits soucis de santé. « Les premiers temps, il fallait que je me justifie auprès de tous mes amis, qui étaient surpris de me voir à l’eau. Mais j’ai bien senti qu’ils étaient aussi assez admiratifs de ma décision. »

L’opération anglaise Dry January fait des émules. En Belgique, la Fondation contre le cancer a ainsi organisé, pour la troisième année consécutive, l’événement Tournée minérale pendant tout le mois de février.

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