ZOOM SUR LA NOMOPHOBIE

Depuis 2018, un nouveau terme est apparu dans le dictionnaire : la « nomophobie», qui est la contraction de « No mobile phone phobia » . L’angoisse qui nous saisit s’il n’y a pas de réseau, si la batterie est vide ou si l’on a perdu son téléphone. Et si l’on ratait un appel ? Un mail ? Une info ? Car on regarde son écran… en moyenne, 200 fois par jour.

Quoi faire ? Il serait tentant de tout stopper et de partir en pleine nature, pour se déconnecter totalement. Mais deux semaines de « digital detox », est-ce vraiment efficace ? Non, répond Laurent KARILA, psychiatre et addictologue à l’hôpital Paul-Brousse (APHP) : « Cela ne fonctionnera pas à long terme. » D’autant que cet outil, qui nous permet de communiquer, travailler, circuler, faire ses courses, lire le journal, prendre des photos… nous est devenu indispensable.

Ce que le médecin préconise plutôt, « ce sont de petits breaks, de 2 heures, le soir ou le week-end, pendant lesquels on ne se connecte pas » pour profiter d’une promenade, d’un dîner avec ses amis… « et retrouver des moments de convivialité, sans faire plusieurs choses à la fois ». Il est également possible de définir des « espaces sans écran » : cuisine, toilettes, salle de bain et… les chambres. « Car la lumière bleue, qui ressemble à la lumière du jour, stimule le cerveau, repousse l’heure de l’endormissement et réduit le temps de sommeil », explique Claire LECONTE, chronobiologiste.

Digital détox ou pauses numériques

Une problématique qui se pose notamment pour les ados… ces « digital natives », qui passent leurs soirées sur les réseaux, les messageries, les jeux… « Alors qu’à cet âge, on ne peut pas rogner sur le sommeil paradoxal, nécessaire aux apprentissages », poursuit-elle.

Comment intervenir sans que cela soit source de conflit ? Difficile. « S’il ne faut pas interdire », conseille Laurent KARILA aux parents, « il est important de poser des limites. » Notamment en repoussant l’âge du 1er smartphone - qui correspond à l’entrée en 6e, et en limitant la fréquence de son utilisation.

Car le danger est d’utiliser cet outil comme un passe-temps : on ne sait pas quoi faire, donc on allume son téléphone. Et ce, au détriment du reste : discuter, jouer avec ses copains, prendre un livre, faire du sport… ou même s’ennuyer. « Or nous avons tous besoin de temps pour ne rien faire, rêvasser, chantonner…», reprend Claire LECONTE.

Ne pas utiliser le smartphone comme un passe-temps

Au-delà du temps passé, que l’on peut désormais limiter, application par application (Messenger, Twitter…), grâce à la fonction « temps écran », l’important est surtout de rétablir du lien, en s’intéressant les uns aux autres, voire… en partageant du temps devant les écrans. « Jouer avec ses enfants permet d’en parler ensemble », propose Laurent KARILA. Objectif : ne plus enchaîner automatiquement lesposts, les parties ou les épisodes d’une série, mais revenir à une consommation« choisie », en triant ses applications, enregroupant l’arrivée des notifications, en sélectionnant les fils à suivre… voire en installant une application dédiée,telles Space, Flipd ou Offtime.

Si cela s’avère impossible, si vou détectez une addiction à un usage, type jeux, achats en ligne, applis de rencontre… sachez qu’il existe des consultations spécialisées.

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