Elle a beau ne pas être recommandée par l’OMS, la e-cigarette ou vaporette, selon ses détracteurs ou ses partisans, reste un substitut à la cigarette très populaire. A tort ou à raison ? Difficile de trancher.

Souhaite-t-on moduler l’intensité de la nicotine ? Aime-t-on souffler de grosses volutes de fumée ? Préfère-t-on un goût naturel : menthe, anis, fruits rouges… ou plus élaboré type thé-citron ou tarte tatin ?

Chargé de la réduction des risques au sein du CSAPA Trait d’Union de Boulogne-Billancourt, Mikaël Manchet accompagne les fumeurs vers la «vape» en leur expliquant le mode d’emploi, en leur faisant manipuler différents appareils, en leur présentant une sélection d’arômes labellisés Qualité Afnor…

Mais surtout, en leur prêtant, à moindre coût, une «vaporette» adaptée à leur consommation et à leurs goûts. L’idée : leur permettre de décrocher de la cigarette, puis de la nicotine, en faisant un test sur trois mois, avant de s’équiper eux-mêmes, à leurs frais.

Car, pour l’heure, seuls les substituts nicotiniques type patchs, nicorettes etc. sont remboursés par la Sécurité sociale et « concrètement il faut encore débourser 40 à 70 euros pour s’équiper d’une vaporette ».

Et si on la remboursait comme les patchs et les chewing-gums?

Utilisée par de plus en plus de Français, elle aurait aidé 700 000 fumeurs à arrêter de fumer l’an dernier et permis à 80% de vapoteurs de réduire leur consommation de cigarettes classiques, selon une étude publiée en juin dernier par Santé publique France.

Pourtant, son innocuité n’est pas prouvé à cause d’un manque d’études scientifiques. «Impossible de se prononcer tant qu’il n’y a pas le recul nécessaire», confirme le Comité national contre le tabagisme.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS), qui n’a jamais été très pour, a même de publier un avertissement cet été: de quoi être perplexe. « Peut être que cela peut aider certains à arrêter, concède ainsi Loïc Josseran de l’Alliance contre le tabac, mais cela reste un «coup» marketing efficace pour faire venir des jeunes à la nicotine, ce qui est regrettable ». Comme la Juul aux Etats-Unis, qui n’utilise que des liquides avec nicotine.

En face, les préventeurs sont plus cléments : « Ce que l’on sait, c’est que la vaporette est à 95% moins toxique que la cigarette, qui comprend des milliers d’additifs cancérigènes lors de sa combustion», reprend Mikaël Manchet.

Ce qui limite sensiblement les dangers pour la santé, que l’on soit un «gros» ou un «petit» fumeur. A une condition, cependant:pour que cela soit efficace, mieux vaut être conseillé par un professionnel et éviter, sur le long terme, un usage mixte tabac-vaporette.

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